Vous le savez sans doute, mais la location d'un logement (étudiant ou non) implique des responsabilités et des obligations tant pour le propriétaire (ou bailleur) que pour le locataire. Lorsqu'il s'agit d'effectuer des travaux dans un logement loué, des règles précises encadrent cette démarche afin de préserver les droits de chacun. Quels travaux le propriétaire peut-il entreprendre ? Quels sont les droits et devoirs du locataire ? Quelles obligations le bailleur doit-il respecter ? Ce guide façon Welfare répond à toutes vos questions.
Pour commencer, le propriétaire d'un logement loué dispose du droit d'entreprendre certains travaux pendant la durée de la location, à condition de respecter les règles légales en vigueur et d'informer préalablement le locataire.
Ces travaux peuvent répondre à différents objectifs : entretien, amélioration, mise en conformité ou interventions découlant de décisions collectives en copropriété. On vous détaille ces 4 types de travaux juste en dessous !
L'entretien courant et les réparations nécessaires sont de la responsabilité du propriétaire pour garantir le bon usage et la salubrité du logement. Ces interventions incluent :
Ces travaux sont essentiels pour prévenir la dégradation du logement et garantir un cadre de vie sûr au locataire. Si le propriétaire manque à ses obligations, il risque gros… D’ailleurs, les répercussions peuvent être bien plus graves qu’en cas de faute du mandataire de gestion.
Les travaux d'amélioration visent à apporter un confort supplémentaire au logement ou à optimiser ses performances énergétiques. Quand on y pense, c’est le genre de projet qui ravit le locataire bien plus qu’il le dérange (même pendant sa location). Le propriétaire peut ainsi procéder à :
Ces améliorations, souvent bénéfiques pour le locataire, doivent respecter les dispositions du bail et ne pas modifier de manière significative les conditions de jouissance du logement. En d’autres termes, il faut se référer au contrat pour voir s’il ne contient pas de clauses particulières…
Et oui, le propriétaire est parfois contraint de réaliser des travaux imposés par la loi ou par une décision de justice. Ces interventions concernent principalement :
Ces travaux sont prioritaires et s'imposent au locataire, même en cas de désaccord, dès lors qu'ils sont notifiés dans les règles (lisez votre contrat !!!).
Pour finir, dans un immeuble en copropriété, des travaux peuvent être décidés par le syndic et réalisés dans les parties communes (façade, toiture, escaliers, ascenseurs). Le locataire ne peut pas s'opposer à ces interventions, mais doit en être informé.
Encore un gros casse-tête qui n’épargne aucun propriétaire n’ayant pas décidé de déléguer la gestion locative de son immeuble.
L’idée derrière la réalisation de travaux n’est donc pas de nuire au locataire, ou à le faire fuir. D’ailleurs, ce dernier dispose lui aussi de certains droits, qu’il doit connaître afin de savoir quand les faire valoir.
Ces droits concernent notamment la possibilité de refuser certains travaux, les conditions d'accès au logement et les compensations en cas de désagréments importants.
Le locataire ne peut pas s'opposer aux 4 travaux évoqués plus haut. Pourquoi ? On vous l’a déjà expliqué également : ces interventions sont essentielles pour maintenir la sécurité, la salubrité et la performance énergétique du logement. Par exemple, la révision d'une installation électrique vétuste ou l'installation d'un système de chauffage plus performant s'imposent même en cas de désaccord.
Cependant, le locataire conserve des droits en matière d'organisation et de déroulement des travaux :
Par ailleurs, les travaux d'embellissement non nécessaires, ou ceux susceptibles de perturber de manière significative la vie quotidienne du locataire, peuvent être contestés devant un juge. Le tribunal statuera alors sur la légitimité et l'ampleur de ces interventions.
Lorsque les travaux engendrent des désagréments significatifs, le locataire dispose de plusieurs recours pour obtenir une compensation. Cette indemnisation varie selon la nature et la durée des perturbations :
Bon à savoir : le dialogue entre propriétaire et locataire reste primordial pour anticiper et gérer au mieux les désagréments liés aux travaux. Une communication claire et respectueuse permet souvent d'éviter les litiges et d'assurer un déroulement serein des interventions.
Le propriétaire doit logiquement respecter certaines obligations lorsqu'il envisage des travaux dans un logement en cours de location. C’est du bon sens ! Voici les grandes lignes de ce qu’il a à respecter :
Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions et, dans certains cas, une décision judiciaire imposant l'arrêt des travaux ou l'octroi de dommages et intérêts au locataire. C’est très sérieux…
Oui, une augmentation de loyer est possible après la réalisation de travaux, mais uniquement dans des conditions spécifiques. Les travaux doivent constituer une amélioration notable du logement, et non un simple entretien. Par exemple :
Cette augmentation doit respecter plusieurs critères :
Bien évidemment, le locataire conserve toujours la possibilité de contester cette révision s'il estime qu'elle n'est pas justifiée ou qu'elle dépasse les seuils autorisés.
Le locataire n'est pas autorisé à réaliser des travaux structurels ou d'aménagement significatif sans l'accord écrit du propriétaire. Toutefois, il peut entreprendre des petits travaux d'embellissement et d'entretien courant, comme :
Ces droits sont définis par le décret n°87-712 du 26 août 1987, qui détaille les réparations locatives à la charge du locataire. Pour des interventions plus importantes, comme l'abattement d'une cloison ou le changement de revêtement de sol, une autorisation formelle est indispensable. En cas de travaux non autorisés, le propriétaire peut exiger la remise en état du logement aux frais du locataire.
On vous le disait plus tôt dans cet article : le propriétaire a l'obligation légale d'informer le locataire de tout projet de travaux impactant le logement loué. Cette notification doit être faite au moins 15 jours avant le début des interventions, via une lettre recommandée avec accusé de réception, et préciser :
Si ces règles ne sont pas respectées :
Remise en état : Si des travaux non autorisés altèrent significativement les conditions de vie du locataire, la justice peut contraindre le propriétaire à restaurer les lieux dans leur état initial. Oui oui, il peut lui aussi devoir tout remettre à l’état initial !
En 5 mots, un propriétaire peut tout à fait effectuer des travaux pendant une location, à condition de respecter les droits du locataire et les obligations légales en vigueur. De l'information préalable aux compensations éventuelles, le respect de ces règles garantit une cohabitation sereine entre les parties et la préservation de la qualité du logement loué. (Bon d’accord, on a dépassé les 5 mots !)